La semaine dernière, comme c’est le cas chaque année, une formation destinée aux apôtres et évêques germanophones est au programme. Avec les apôtres et les évêques du sud de l’Allemagne, nous nous réunissons à Offenbourg, dans le Bade-Wurtemberg. Les thèmes de la conférence sont : « Fondements de l’islam – Genèse et développement d’une religion – Le Coran, contenu de la croyance – Christ et Jésus dans le Coran. »
Ces thèmes sont développés par une scientifique islamique, Debora Müller, une sœur en la foi qui enseigne le droit islamique à l’Université de Tübingen, au Centre de théologie islamique.
Peut-être que l’un ou l’autre se demande pourquoi un tel sujet est retenu dans le cadre de la formation continue. C’est en fait assez simple : si l’on veut se faire une opinion différenciée sur un sujet, il faut le connaître.
Ces deux jours nous donnent un aperçu fascinant et instructif d’un monde qui nous est quelque peu étranger et sujet à de nombreux préjugés.
Tôt le vendredi matin, l’évêque Keller et moi quittons Offenburg afin d’arriver à l’heure pour le vol de Zurich à destination de Bucarest. Accompagnés de tourbillons de neige, nous gagnons Zurich et nous envolons aussitôt pour entrer sans transition dans l’été, où la température est de 27 degrés à Bucarest. Les vents forts durant l’approche de l’aéroport nous obligent à passer une demi-heure supplémentaire dans les airs, et c’est enfin l’atterrissage.
Après plus de trois ans, une assemblée des responsables de district de Roumanie peut enfin avoir lieu en présentiel. La joie de pouvoir vivre cet événement, avec les attentes qui y sont liées, est grande.
À l’exception d’un ancien du district, tous les frères sont présents. Samedi matin, nous commençons par l’assemblée des délégués. La communion de ce cercle particulier est vraiment bienfaisante ; elle nous avait réellement manqué. D’autant plus qu’il n’y a pas eu de répit entre la situation exceptionnelle liée à la pandémie et celle de la guerre dans le pays voisin, qui fait que les frères et sœurs sont directement touchés par les souffrances et la misère inimaginables des réfugiés. La solidarité et la serviabilité de nos frères et sœurs et de la population en général sont impressionnantes.
En plus d’être fortifiés par des pensées spirituelles, nous prenons connaissance d’informations intéressantes sur la structure et la constellation de tout le champ d’activité de l’apôtre de district, nous procédons, par groupes, à un échange sur la situation dans les communautés et les activités d’enseignement. Un groupe de travail se concentre sur le thème de « communautés vivantes » et le travail envers les jeunes. De nombreux entretiens individuels complètent cette partie commune. Le soir, nous acquérons encore des forces dans la communion lors du dîner commun.
Le dimanche débute avec un soleil éclatant mais avec une température assez fraîche. Le service divin célébré dans notre église de Bucarest est diffusé dans toute la Roumanie et la Moldavie. Dans mon cœur, j’ai le sentiment très fort que toute la grande communauté boit littéralement la parole de Dieu. Le service divin est traduit en russe sur place car des réfugiés ukrainiens de Marioupol sont également présents.
Lors des adieux, j’ai ressenti un grand besoin de rattrapage. L’intensité des sentiments et de la joie est indescriptible. Quand nous reverrons-nous ? Utilisons encore plus intensément le pouvoir, parfois sous-estimé, de la prière pour continuer là où nous atteignons nos limites avec nos actions et nos possibilités. « La revedere ! Sanatate ! Noroc de inima noastră ! Drum bun ! »