Jeudi, je me rends dans la paroisse de Müllheim dans le canton de Thurgovie. Je fais un arrêt durant le trajet pour faire une visite. Du parking de l’église, où l’évêque Keller m’attend avec quelques frères, nous n’y entrons pas directement, mais nous allons dans la cave, transformée en sacristie pour l’occasion, et dans laquelle les ministres attendent déjà. Nous utilisons ce laps de temps avant le service divin pour nous préparer et échanger des pensées spirituelles. Ce sont des moments qui produisent une sanctification spéciale en vue de l’office religieux qui est devant nous. Le Saint-Esprit nous renforce dans la foi et la confiance. La communauté vit et il y a beaucoup de dons qui contribuent à une vie communautaire harmonieuse. Un petit groupe instrumental, les chants du chœur ainsi qu’un autel magnifiquement décoré sont les signes audibles et visibles de la variété de ces dons. Le petit Tim peut recevoir le don du Saint-Esprit. Tim me regarde avec de grands yeux tout au long de cet acte. Après le service divin, nous profitons encore d’un en-cas offert à l’occasion d’un anniversaire.
Le week-end est dédié à nos frères et sœurs de Hongrie. Très tôt le samedi matin, le premier train m’emmène à l’aéroport d’où je m’envole pour Budapest. À l’origine, il était prévu que l’apôtre Deubel, responsable de la Hongrie, m’accompagnerait. Empêché en raison d’un changement de programme indispensable, il m’accompagnera à une prochaine occasion. L’ancien du district Wall, arrivé de Vienne en voiture, m’attend à l’aéroport. Ensemble, nous nous dirigeons vers l’est, à travers la Puszta hongroise jusqu’à Debrecen, à 240 kilomètres de là. En chemin, nous parlons de l’Œuvre du salut en Hongrie, des joies et des peines des frères et sœurs. A 15 heures, nous nous retrouvons dans notre église, où les frères et sœurs de Debrecen et des communautés environnantes sont réunis. Comme c’est souvent le cas, la sacristie sert durant un court instant de vestiaire pour se changer. Pour notre plus grand plaisir, l’apôtre de district en retraite Leslie Latorcai est parmi nous avec une partie de sa famille. La partie orientale de la Hongrie a subi une grande perte en septembre de cette année lorsque les frères et sœurs ont dû prendre congé de leur évangéliste de district István Makula, parti pour l’éternité. Ainsi, comme toujours, la joie et la souffrance sont très proches l’une de l’autre.
Les jours précédents, j’ai essayé d’apprendre la liturgie dans la langue hongroise. À cette fin, l’ancien de district en retraite Majechrzak m’a préparé des documents sonores avec lesquels je peux apprendre de manière plus ou moins correcte la prononciation de cette langue difficile. Résultat : c’est passable, m’a rassuré l’ancien du district. Néanmoins, je fixe les frères et sœurs avec de grands yeux lorsque, dans un élan d’enthousiasme, ils me racontent quelque chose. Je regarde donc autour de moi pour trouver un traducteur qui m’aiderait à comprendre ce qui m’est dit.
Nous avons assez de temps pour rencontrer les frères et sœurs, ce qui me donne l’occasion de parler à la famille de l’évangéliste du district décédé ainsi qu’à la plupart des frères et sœurs présents, puis d’apprécier les spécialités hongroises qu’ils ont eux-mêmes confectionnées.
Entre-temps, la nuit est déjà tombée et nous retournons à Budapest, où nous passons la nuit à la porte de la capitale, dans la ville de Gödöllő. Cet endroit est connu par le fait que, dans la seconde moitié du XIXe siècle, il fut la résidence préférée d’Elisabeth Wittelsbach, impératrice d’Autriche et reine de Hongrie, mieux connue sous le nom « Sissi ».
Un dimanche matin lumineux nous accueille. Aujourd’hui, les fidèles de l’ouest de la Hongrie se réunissent dans notre église de Budapest. Une belle communauté est réunie et ensemble nous vivons le service divin. Une belle chorale apporte avec ses chants un complément magnifique à la parole. Il est impossible de décrire l’atmosphère. Deux petits garçons (Domos, 6 ans, et Merse, 3 ans) peuvent recevoir le sacrement du saint baptême d’eau. La sainte cène en faveur des défunts fait partie de l’expérience émouvante de ce service divin.
Après le service divin, des mains appliquées préparent le déjeuner. Un buffet riche accroche le regard pour les estomacs affamés et invite à y goûter. Autour de la nourriture et des boissons, nous pouvons parler aux frères et sœurs et apprendre à mieux nous connaître. Quelques soucis sont confiés, mais la joie de vivre ces instants s’exprime aussi. Je suis heureux de l’aide du traducteur qui me permet de comprendre ce que les frères et sœurs veulent me dire, et que mes paroles également, traduites dans la langue hongroise, atteignent leur cœur. Ainsi, le temps passe très vite et bientôt il est temps de partir pour l’aéroport. Rempli de ce que j’ai vécu, j’arrive à la maison vers 23 heures.