Nous prenons ensuite la route ensemble pour nous rendre à Braşov, à 150 kilomètres au nord. Brașov est une grande ville roumaine (240 000 habitants) entourée par les Carpates, dans la région de Transylvanie. Le temps de trajet habituel (trois heures) dure finalement plus de quatre heures et demie en raison de l'intense trafic de vacances. L'évêque Gavriliuc et son épouse, après dix heures de trajet en voiture, sont arrivés sur place un peu avant nous et nous attendent.
Tôt le samedi matin, le voyage se poursuit vers Beia, à une heure et demie de route en direction du nord. C'est en quelque sorte un voyage dans le passé. Dans cette région, le temps semble s'être arrêté. Ce village de Transylvanie est le lieu de naissance des deux apôtres de district Michael Kraus et Erwin Wagner. Une autre pensée nous anime ; il y a juste deux ans, l'apôtre de district Markus Fehlbaum décédait. Il y a un peu plus de cinq ans, j'avais alors célébré, en sa compagnie, le deuxième service divin dans le cadre de mon mandat ministériel actuel.
Outre les frères et sœurs et les ministres de la communauté, l'évêque Sapintan et son épouse, qui ont fait le voyage de Baia Mare, nous attendent. Je ressens que le désir d'entendre la parole de Dieu est grand. Les enfants, eux aussi, sont très attentifs et suivent la prédication avec de grands yeux.
Même un petit chien ne se prive pas de rester assis devant la porte ouverte pendant tout le service divin, sans émettre le moindre son. Ensuite, nous nous rassemblons sur le pré voisin: séance photo et entretien avec les enfants. Ils apprennent l'anglais et le français à l'école, ce qui nous permet de discuter assez facilement.
Ce dimanche est un jour de fête et de joie pour la communauté de Braşov. L'apôtre Semion Cazacu et son épouse reçoivent la bénédiction des noces d'or. Toute la communauté se réjouit de la bénédiction reçue par le couple "doré". Une véritable fête! C'est également avec beaucoup d'émotion que la sainte cène en faveur des défunts est célébrée. La conscience de la participation de la grande communauté invisible à chaque service divin est un élément magnifique de notre foi. Si, en plus, le sacrement de la sainte cène est administré aux défunts à l'endroit où ils ont vévu, le sentiment de béatitude est encore plus grand.
En fait, nous n'avons pas du tout envie de partir, mais de rester, tout simplement. La communion, même après le service divin, est si belle qu'il est vraiment difficile de se dire au revoir. Mais un coup d'œil à la montre nous indique que nous devons nous dépêcher pour arriver à temps à l'aéroport de Bucarest. De nombreux embouteillages sont prévus sur la route. Le chemin le plus rapide indique à cette heure une durée de quatre heures et demie de voyage. Nous optons donc pour un détour très sinueux par le Pasul Bratocea. Il s'avère que c'est un bon choix. En cours de route, on nous annonce que la route "normale" est interrompue et qu'il est impossible de continuer. Avec ce détour, nous sommes en revanche récompensés par un magnifique trajet à travers les vallées et les forêts des Carpates, et arrivons à temps. Même en traversons leur territoire, nous n'avons pas rencontré d'ours ni de loups.
Je constate avec reconnaissance et bonheur que Dieu réalise de grandes choses parmi ses enfants, même aujourd'hui. Le retour de Jésus se rapproche inexorablement. Ce n'est pas un vœu pieux, mais une réalité.