Le coup d'envoi est donné mercredi soir par une visite dans le Vorarlberg, dans la communauté de Götzis. La cordialité avec laquelle je suis accueilli, avec la présence des enfants, me remplit de joie. Le service divin commence par le chant d'enfant "Parce que je suis la petite brebis de Jésus". C'est pour moi une joie particulière et un cadeau lorsqu'une chorale de communauté chante. Notre devise annuelle "Servir et régner avec Christ" a inspiré un frère, qui l'a reproduite avec des caractères en bois. C'est magnifique ! Associée à la décoration florale, cette "œuvre d'art" attire le regard.
"Comment, tu rentres chez toi encore ce soir ?" me demande-t-on avec étonnement. Mon dialecte bernois indique clairement que mon lieu de résidence n'est pas celui où je suis vraiment chez moi. La communauté de Götzis me donne ses salutations pour nos frères et sœurs en Moldavie.
Lorsque le voyage commence le vendredi matin, l'horloge de la gare indique 5 h 16. En compagnie de l'évêque Keller, responsable administratif pour l'ensemble du champ d'activité de l'apôtre de district, ainsi que du chef du département des constructions, le voyage nous conduit à Chişinău via Vienne.
La séance avec mes compagnons de voyage, l'apôtre Cone, notre spécialiste de la construction pour les pays de l'Est, le berger Fürtbauer, ainsi que notre traducteur et conseiller juridique, dure tout l'après-midi du vendredi. Nous examinons en détail tous les bâtiments d'église appartenant aux Eglises territoriales de Roumanie et de Moldavie et discutons de l'entretien et des investissements nécessaires, cela en fonction de la situation des commnautés. Il s'agit d'une réunion très importante, puisqu'elle porte sur une somme d'argent considérable qui sera intégrée dans la planification des années à venir.
Contrairement à toutes les prévisions météo, le samedi matin nous accueille avec une pluie battante et des températures modérées. En Suisse comme en Roumanie, on enregistre des records de chaleur. Tôt le matin, avec l'apôtre, nous partons pour Sângerei, à deux heures de route... laquelle s'est transformée en lac ou en ruisseau à certains endroits. Malgré tout, nous arrivons à temps. La communauté nous attend pour le service divin. Ce n'est pas partout, dans le champ d'activité, que nous pourrions organiser un service divin un samedi matin. Dans cette communauté, les frères et sœurs ont mis tout en œuvre pour que le service divin, la rencontre avec notre Dieu, se déroule dans les meilleures conditions possibles. Le saint-scellé de cinq enfants est un moment particulièrement fort. Le regard sur des visages heureux et rayonnants montre qu'aucun chemin ne doit être trop long et qu'aucun effort ne doit être trop grand. Parce que la faim est souvent le compagnon de route de nos frères et sœurs, du pain est distribué après le service divin.
Il pleut encore à verse. Les organisateurs du deuxième service divin, prévu en fin d'après-midi, se demandent s'il faut l'annuler. Il s'agit d'un service divin pour enfants en plein air à l'occasion du camp des enfants. Prier aide ! Une fois de plus, nous constatons qu'il n'y a qu'une chose à faire dans de tels cas : confier nos intentions à notre Dieu. Et en effet, la pluie diminue et un vent fort chasse les sombres nuages. Certes, le soleil reste caché derrière les nuages restants, mais le service divin peut avoir lieu. Une expérience marquante pour tous. Les prévisions météo sur le smartphone indiquent pourtant toujours de fortes pluies.
Nous sommes attendus au portail d'entrée de la colonie de vacances de Vadul lui Vodă, tout près de la frontière avec la Transnistrie. Quel cadeau que de pouvoir regarder dans les yeux pleins d'attente des enfants et de vivre avec eux le service divin! En guise de remerciement particulier, une chanson connue nous est dédiée, accompagnée de mimes. Les paroles de la chanson parlent d'un voyage en train entre Bucarest et Chişinău, dans lequel aucune frontière n'est identifiable et où tous sont unis dans la paix. Cela n'est certainement pas uniquement un souhait des enfants.
Le soleil est de retour le dimanche matin. Nous nous rendons à Orhei, à 50 km au nord de la capitale. Ici nous avons une belle église, bien entretenue, et une communauté importante, avec de jeunes ministres. Dans une intime communion avec l'assemblée, nous faisons l'expérience de la manière dont Dieu nous sert. Deux adultes peuvent recevoir le don du Saint-Esprit. La sainte cène en faveur des défunts nous touche profondément. Deux jeunes prêtres reçoivent l'hostie en tant que représentants de la communauté invisible.
Un coup d'œil à la montre nous indique que nous ne pouvons pas nous attarder plus longtemps si nous voulons atteindre notre avion. Dans notre cœur, nous restons fermement unis à tous nos frères et sœurs en la foi qui vivent dans des conditions difficiles et qui ne savent pas si la guerre arrivera demain dans leur pays. "La revedere, trum bun, sanatate !" (Au revoir, bon voyage, bonne santé).